Atlas des paysages - Diren Languedoc-Roussillon
Introduction à l'Atlas des paysages Plan du site Recherche multi-critères Lexique Contacts Aide et mode d'emploi
Fondements des paysages Organisation des paysages Unités de paysage Enjeux majeurs
 
 
  Situation :
 
 
  Description :
 
 
  Analyse critique :
 
 
 
 
 
 
 
 
 

17. Les garrigues de Nîmes

Valeurs paysagères clefs

Un massif calcaire couvert de garrigue.

 
Les contreforts sud du massif des garrigues à l'horizon, occupés par l'urbanisation de l'agglomération Nîmoise et dominant la plaine de la Costière. Vue depuis le Puech Roussin vers Générac.
 
Les contreforts nord du massif des garrigues, avec Vic à l'horizon, sur un point haut séparant la plaine de Blauzac/Sanilhac de la plaine de Saint-Chaptes ; sur le piémont des pentes couvertes de garrigues s'étendent des cultures de vignes.
 
Le massif des garrigues de Nîmes, composé de calcaire urgonien dur, domine largement les plaines alentours, dont il compose les horizons particulièrement lisibles de loin : plaines autour d'Uzès au nord et plaine de la Costière au sud. Ses flancs sont occupés de façon très dissymétrique :
  • au sud, sur les pentes bien exposées et protégées du mistral, l'urbanisation de Nîmes marque le paysage et s'étend largement, rejoignant des villages implantés sur des replats cultivables (Lédenon, Cabrières) ;
  • au nord les pentes du massif apparaissent naturelles, occupées par la garrigue et par quelques espaces agricoles sur le bas des pentes, avec des villages qui occupent des sites particuliers comme Vic, point haut entre deux plaines, et plus souvent des sites liés au Gardon, lorsque, pris dans les gorges, il rencontre brièvement la plaine et facilite le passage des voies de communication : à Russan (entrée des gorges), à Remoulins (sortie des gorges), à Saint-Nicolas-de-Campagnac et à Collias.
 

Vue large sur la mer boisée de la garrigue depuis la RD 979.
 
Le massif est essentiellement couvert par la toison gris-vert de la garrigue, qui présente des faciès différents selon les dates de passage du feu :
  • garrigue rase et râpeuse, couverte d'un tapis de chênes kermès et plus ou moins colonisée par les pins d'Alep vers le nord-ouest (bien visible entre Nîmes et la Calmette autour de la RN 106, par exemple) ;
  • garrigue plus ancienne et plus haute, dominée par le chêne vert en d'autres endroits.
 

Floraison d'iris dans la garrigue au mois de mars.
 
C'est surtout au printemps que la garrigue montre sa diversité végétale, avec une floraison brève mais parfois spectaculaire de la strate ligneuse ou herbacée basse : fragon, chèvrefeuille, sarriette, cyclamen des Baléares, euphorbes, salsepareille, asperge, brachypode rameux, buplèvre ligneux, garou, chardon, thym, lavande, romarin, asphodèle, grande férule, clématite, orchidées, ophrys, violettes, narcisses à feuilles de jonc et douteux, iris, garance voyageuses, cistes.  

Des espaces agricoles rares et qui tendent peu à peu à disparaître.


 
La plaine de Vallongue, longée par la RD 907 Le manteau de garrigue laisse par endroits la place à quelques espaces agricoles, notamment dans les dépressions souvent linéaires que l'on peut rencontrer, à la faveur des vallats formés par le creusement des eaux, vers l'ouest, ou en profitant des maigres dépôts limoneux et sableux sur les plateaux de Dions, Poulx, Cabrières et Lédenon (Mandre, Saint-Privat, Plaine de Meirige, Vailloubanès, ...).  

Friches dans la plaine de Vallongue, témoignant d'un problème de gestion des espaces ouverts.
 
Largement soumis à la pression de l'urbanisation nîmoise, toute proche, les espaces agricoles apparaissent souvent en friches, notamment autour des routes vers l'ouest et le nord-ouest de Nîmes : RN 106, RD 907, RD 999.  

Le Camp des Garrigues, terrain militaire au nord de Nîmes, qui génère quelques espaces maintenus ouverts dans le manteau boisé.
 
Le terrain militaire du Camp des Garrigues, largement développé sur plus de 5 000 ha au cour du massif, génère également la présence d'espaces ouverts pour les besoins des manouvres d'entraînement. Interdit d'accès, il contribue à protéger le massif.  

Les Hauts de Nîmes, opération d'urbanisme au cour de la garrigue.
 
Les Hauts de Nîmes, opération d'urbanisme au cour de la garrigue.
 
Hormis ses flancs sud, partiellement conquis par le développement de l'urbanisation de Nîmes, le massif reste non bâti sur des milliers d'hectares, constituant un espace d'évasion d'envergure. Quelques opérations d'urbanisme ont toutefois été tentées, en particulier celle de Poulx, qui, en pleine garrigue à 10 km du centre de Nîmes, s'est développée sur plus de 300 hectares à partir d'un minuscule village, ou celle des Hauts de Nîmes, à proximité du Puech Méjean.  

Un paysage spectaculaire : les gorges du Gardon et le Pont du Gard

Les gorges du Gardon, vues depuis la RD 979.
 
Les gorges du Gardon constituent les paysages les plus spectaculaires du massif des garrigues, créant soudainement une faille profonde de 150 m, bordée par de blanches falaises de calcaire à nu. Elles s'allongent sur les marges du massif calcaire au nord.  

Début des gorges du Gardon à Russan. Vue depuis le pont de la RD 418.
 
L'interruption des gorges vers le pont Saint-Nicolas, bien lisible depuis la RD 979.
 
Le Gardon (à sec) vu depuis le pont Saint-Nicolas vers l'aval : les gorges s'interrompent et les vues s'ouvrent sur la plaine de Blauzac/Sanilhac, sans que le Gardon ne s'y aventure.
 
Le Gardon (au deuxième plan à droite), qui "sort" brièvement du massif calcaire des garrigues (au fond) à Collias pour rencontrer la plaine de l'Alzon.
 
La présence du Gardon en gorges dans le massif est curieuse : en observant une carte topographique en effet, on se demande pourquoi le Gardon choisit, à Russan, de s'enfoncer dans le massif de calcaire urgonien dur et ancien (115 millions d'années), taillant ces gorges, au lieu de le contourner par le nord en empruntant le chemin des plaines, plus facile. Le phénomène ne peut se comprendre qu'en le re-situant dans le temps géologique : le chemin de l'eau taillé dans le calcaire se serait formé en force tardivement, vers la fin du Miocène et surtout à partir des sept derniers millions d'années, à cause d'une différence d'altitude très importante entre les Cévennes, exhaussées, et la mer, à l'inverse en contrebas de plusieurs centaines de mètres par rapport au niveau actuel. L'ampleur de la dénivellation aurait favorisé la taille de l'eau dans le calcaire dur, creusant un chemin qui restera alors même que les plaines se formeront alentour. En deux autres points de son parcours, le Gardon rencontre ainsi des plaines sans s'y aventurer, repartant en boucle dans le calcaire dur pour poursuivre son chemin en gorges : au pont Saint-Nicolas et à Collias.  

Le lit du Gardon, entièrement à sec durant l'été sur certaines portions de son parcours, l'eau continuant à circuler dans des galeries souterraines. Vue depuis le pont Saint-Nicolas en août.
 
Les destructions de la crue du 8 septembre 2002 à Collias.
 
Il faut des "Gardonnades ", très violentes crues dues aux précipitations sur les Cévennes, pour que le Gardon quitte son lit géologique d'origine et s'épanche dans les plaines adjacentes, créant, comme en septembre 2002, des dégâts considérables.  

Collias.
 
Russan.
 
Saint-Nicolas-de-Campagnac et le pont Saint-Nicolas.
 
Les gorges du Gardon ne sont pas entièrement inhabitées et réservées à ses seuls animaux mythiques à force d'être discrets : castors et aigles de Bonnelli. Tangentant les plaines toutes proches, des villages ou des sites se sont développés aux portes des gorges, lorsque le Gardon rencontre la plaine et facilite le passage des voies de communication à travers le massif des garrigues : à Russan (entrée des gorges, traversée de la RD 418) à Remoulins (sortie des gorges, passage de la RN 86), à Saint-Nicolas-de-Campagnac (ancien prieuré, passage sur le pont Saint-Nicolas de la RD 979) et à Collias (passage de la RD 3).  

Une perspective inhabituelle sur le pont du Gard depuis la plaine de Remoulins/Saint-Hilaire-d'Ozilhan. Vue depuis la RD 19a entre les Croisées et la Bégude de Vers-Pont-du-Gard.
 
Les gorges du Gardon ont constitué un obstacle délicat pour les romains souhaitant amener les eaux de la Fontaine d'Eure, au pied d'Uzès, jusqu'à Nîmes. C'est ainsi qu'est né le spectaculaire aqueduc du Pont du Gard, l'un des monuments les plus visités des France.  

Le musée du pont du Gard.
 
Le Pont du Gard constitue un seul maillon du long aqueduc qui serpentait sur les flancs du massif des garrigues pour le contourner par l'est et rejoindre Nemausus : ouvrages d'art, ponceaux à arches biaises ou à barbacanes, ponts à un ou plusieurs étages, tunnels, se succédaient pour parcourir les 50 kilomètres (49 702 m exactement) entre les sources d'Eure et le castellum de Nîmes. Avec seulement 12, 27 m de différence d'altitude entre le point de départ et le point d'arrivée, cela représente une pente moyenne générale de seulement 24, 8 cm par kilomètre !
Le Pont du Gard apparaît aujourd'hui d'autant plus émouvant et grandiose qu'il semble isolé, surgi d'un écrin de nature très préservé, couvert de garrigue. Le site du Pont du Gard a été remis en valeur dans les années 1990 pour renforcer cette mise en scène de l'aqueduc franchissant le Gardon, et pour donner au grand public les explications et les moyens d'une découverte plus large du système hydraulique créé il y a deux mille ans et des milieux de garrigue qui l'accueillent.  

Les gorges du Gardon, fréquentées pour la baignade et le canoës/kayak.
 
Le site de la Baume Saint-Vérédème, dans les gorges du Gardon, avec les ruines des deux moulins.
 
Les points de contacts des gorges avec les plaines facilitent la fréquentation du site par le public, pour la baignade et le canoë-kayak à la belle saison. Collias est ainsi devenu un site très touristique, d'autant que la descente des gorges en canoë-kayak permet la découverte et le passage sous le Pont du Gard.  

 


Retour en haut de page

Diren Languedoc-Roussillon - Agence Folléa-Gautier, paysagistes-urbanistes
Ne pas reproduire sans autorisation